La Danse de la Vie

Le biologiste, pardon le musicien, s’assoit à côté d’une table. Le carafon d’une forme insolite se met au travail: il harmonise les molécules de l’eau. Le musicien-biologiste explique que la plomberie bouleverse les vibrations des molécules. L’eau a besoin de 3 heures de repos pour retrouver les proportions du nombre d’or. À ce moment-là je comprends que ce à quoi je vais assister c’est un “programme” qui doit être enregistré et revu avec calme en assimilant un peu à la fois.

Il s’appelle Emiliano Toso, il a 44 ans et il est de Mongrando (un petit village près de Biella, NdT) mais le mot qui le caractérise le mieux c’est le citoyen du monde. Depuis l’enfance, la musique le stimulait tellement qu’il se faisait offrir comme jouets tous les instruments en plastique. Il s’enthousiasmait au passage de la fanfare, il frappait sur les couvercles des casseroles. Et encore aujourd’hui l’achat d’un disque cd correspond à un rite à réaliser lentement en goûtant chaque passage.

“On sait que la profession de musicien n’existe pas”, – explique-t-il. “Mon père était commerçant de produits électroniques et ma carrière aurait dû poursuivre la même direction, mais les études d’électroniques n’étaient pas pour moi. Après j’ai choisi la faculté de biologie, discipline qui me correspondait davantage. Aller dans l’infiniment petit pour expliquer l’infiniment grand et ainsi à travers les cellules raconter l’homme. En devenant biologiste moléculaire c’était clair pour moi que l’ADN de chacun de nous peut interpréter le destin. Pour limiter les conséquences négatives et pour protéger la santé, la prévention semblait donc devoir lire la séquence de lettres des gènes; la séquence que les cellules utilisent pour construire les protéines, les briques qui composent notre corps. Pourtant cette biologie affirme que nous sommes les victimes de ce que nous héritons, nous sommes liés à ce qui est écrit dans l’ADN. C’était une empreinte forte pour la science. En revanche l’évolution de la biologie regarde, heureusement, à l’épigénétique qui est au-dessus de la génétique; elle lit et module les programmes transmis aux gènes”. “On a compris que nous pouvons intervenir sur le signal reçu de l’extérieur par le gène qui s’adresse à la protéine. On peut avoir une action sur l’environnement qui nous entoure. En stimulant le mouvement des cellules, le contrôle sur le message permet d’éteindre les gènes de l’ADN porteurs de maladies et en allumer d’autres comme ceux du bonheur et de la santé. L’explication a une base biologique et pas théorique. Il s’agit d’une loi de la nature prouvée scientifiquement et bien exposée par Bruce H. Lipton dans son texte “La biologie des croyances (…)”.

Expliquer que de victimes du destin on devient l’artisan de sa propre vie veut dire transmettre un message fort. C’est comme un parfum intense qui ne laisse pas indifférent, au contraire on change complètement le paradigme: je peux avoir hérité n’importe quoi mais je peux aussi le changer. Après avoir combiné ses passions qui favorisent le parcours de sa croissance, Toso diffuse ses compositions dans le monde. Il interprète sa musique sur un piano accordé à 432 hertz, c’est la fréquence à laquelle les cellules vibrent.

“En 2013 j’ai réalisé mon désir: j’ai enregistré mon disque et je croyais que tout serait fini. Mais au contraire c’était l’étincelle qui a allumé mon monde. La passion pour la musique, cultivée presque en secret, est devenue métier; un métier uni à la science et au désir de diffuser le bien-être pour moi et pour tous. Mes rêves les plus fous se sont réalisés au point que j’ai choisi d’arrêter les recherches que je menais dans un laboratoire de biologie cellulaire. Mon cd s’est diffusé parmi les amis et dans les milieux les plus sensibles: les hôpitaux, les écoles, les centres de réhabilitation, les cours pour les femmes enceintes. Toutes les situations où la santé est importante, où on travaille sur les émotions. J’ai reçu une infinité de réactions positives”.

Même Bruce Lipton (qui a approuvé mon projet intitulé “Translational Music”) a contribué beaucoup en m’emmenant avec lui aux conférences. C’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui agit avec le coeur comme lui sait le faire (…)”.

C’est une succession d’événements qui porte Emiliano Toso, engagé entre les concerts et rencontres, à inventer son travail. Le musicien-biologiste a su annuler les pensées dépassées. À son actif il compte quatre disques dont les couvertures sont réalisées par sa mère Wilma, sa première supportrice, qui les conçues en écoutant sa musique. La synchronicité est achevée par la collaboration de Lorena Borsetti, violoncelliste, et de Dario Retegno, violoniste. Jusque-là la salle d’enregistrement était dans la villa Piazzo de Pettinengo. Le nouveau disque sera enregistré dans la Maison Zegna de Trivero.

“Le fil rouge du projet intitulé ‘La danse de la vie’ qui sera presenté le 4 juin avec un concert à l’auditorium “Paganini” de Parme est le mouvement qu’on peut trouver dans la nature: la nage des poissons, le vol des oiseaux, le mouvement pulsé des étoiles, nos embrassades pour arriver à la paix. Quand nous ne nous laissons pas envahir par la peur, le mouvement est en chacun de nous. Il y a toujours du mouvement même quand nous respirons et je le raconte avec la musique, un mode qui rejoint par résonance toutes les cellules de l’humanité. J’aime à la folie l’expression de paix, l’énergie que nous pouvons transmettre. Et le titre du morceau d’ouverture sera ‘Paix”.

Le parcours d’Emiliano Toso est plein de stimuli. On les trouve dans ses gestes simples quand il se laisse aller comme un enfant sans espérance et sans juger. Il t’encourage à t’émerveiller de la neige, des étoiles filantes, à croire dans ta propre capacité d’expression quelle qu’en soit la forme. L’écoute de la musique favorise le contact avec les merveilles de la vie. Déjà les Indiens d’Amérique le faisaient et aujourd’hui on en a scientifiquement démontré la valeur. Il y a une cohérence en écoutant l’esprit et le coeur. Toso est l’instrument d’opportunité.”Nous ne devons pas nous faire étouffer par la réalité quotidienne parce que la souffrance conduit à la maladie. Plutôt nous devons nous rappeler que nous sommes ici pour expérimenter la richesse de la vie”.

Entre-temps le carafon, celui d’une forme bizarre situé sur la table, aurait agi sur la vitalité de l’eau. On en boit un petit verre. Il devrait avoir un goût différent; peut-être. Ce qui vraiment frappe ce sont les notes que je viens d’écouter, jouées en direct. Le morceau “Paix” exécuté en avant-première.

Texte écrit et publié le 13 avril 2017 par Anna Arietti

Traduction Saulè Karpseitova

REPRODUCTION INTERDITE

Pour BiellaCronaca publié le 10 avril 2017

Les photos sont de Stefano Ceretti

(mises à la disposition par Emiliano Toso)

Publié sur Baffidigatto le 11 avril 2017

Versione originale in italiano :

 https://cartabiancamedia.com/2017/04/13/la-danza-della-vita/